27 mars : La vie n'est pas un long fleuve tranquille.

Publié le par DIAGAST

 

« Le mieux est de marcher. Car la vie est une traversée du désert. » Bruce Chatwin  

 

  

 

 

L'étape du jour mène le peloton du Djebel El Otfal au Djebel Zireg pour 32,3 km par un parcours qui alterne parties roulantes, passages de montagne, traversée d'un lac salé asséché et cordons de dunes. Un programme sérieux mais plus roulant qu'hier. Pour la majorité de l'équipe TEAM Globules/ Jogging International, la citation du jour a été appliquée à la lettre avec bonheur.

 

La longue ligne droite sur la piste qui menait de la ligne de départ à la passe D'El Maharch n'a été un souci pour personne. Philippe Rémond retrouve ses marques de course sur route et se maintient dans le groupe de tête avec l'élite et pour Bruno Lacroix c'est avec soulagement qu'il arrive au premier Check Point (10,5 km de course) à côté d'une gorge où se trouve une auberge ombragée par des palmiers. Et pourtant, Bruno est parti avec une grosse angoisse :  l?impression qu'il sentait beaucoup plus le poids de son sac à dos que la veille. Au pointage, il est donc étonné et rassuré : « Je me suis rendu compte que je courais avec le premier tiers des concurrents et donc tout simplement que j'allais bien plus vite que prévu »

 

Dominique Chauvelier est plutôt décontracté à ce passage. Lui aussi est plus serein alors qu'il grimaçait de douleur pour se rendre sous la banderole de départ. « J'ai d'abord marché, puis trottiné doucement pour m'habituer petit à petit à la souffrance de mes grosses ampoules sous les orteils. Finalement, cela m'a plutôt bien servi puisque durant toute cette étape, je n'ai fait que remonter dans la file des coureurs. »

 

Il passe au contrôle en même temps que Ludovic Chorgnon qui a lui aussi adopté une technique « de chauffe » : « Je suis parti sur un départ lent pour détendre mes adducteurs douloureux. C'est dur de se freiner et de laisser partir les copains avec lesquels je me mesure d'ordinaire !»

Sur la suite de ce parcours très varié, Philippe Rémond s'est lui aussi résolu à lever le pied par endroit. Même s'il finit à une très honorable 5ème place. « Cela va pas mal en général, mais dès qu'il y a du relief ou du sable, je me rends bien compte que je ne suis pas vraiment dans le coup. Je dois donc marcher dans ces parties pour éviter de m'épuiser. Finalement cela ne fonctionne pas trop mal, mais devant, ils sont bons sur tous les terrains. »

 La marche, dans les parties difficiles a même des avantages : « C'est ce qui me permet de gérer au mieux la distance sans forcer», confie Bruno «  Parce que par exemple dans les parties montagneuses, être au pas c'est plus lent, mais cela permet aussi de récupérer, ce n'est pas dur. Et puis c'est aussi l'occasion de se régaler de paysages majestueux. Par contre dans la dernière partie de sable que j'appréhendais un peu, en fait, c'était plutôt descendant et roulant, j'ai bien passé cette partie finale. »

Mais cette allure n'est pas du tout, mais pas du tout, du goût d'Yves Barbreau. « Cette étape était un enfer pour moi. J'ai souffert comme une bête de ma tendinite. Ma cheville a doublé de volume et je ne peux plus courir ni dans le sable ni dans les cailloux. C'est terrible, parce que j'ai vraiment eu mal tout le temps. Et puis marcher, c'est désespérant pour un coureur. Cela n'avance pas. Et parfois quand tu vois l'allure de certains bons « randonneurs » avec des bâtons, c'est encore plus dur pour le moral. Je redoute vraiment demain et l'étape de 70 km. »

 C'est Philippe qui reprend aussitôt en se marrant « Oui demain, Pffff, on va en profiter vraiment, qu'est ce qu'on va prendre ». Dominique lui jette en oeil noir en coin, avant d'afficher un sourire entendu. Il a un meilleur moral qu'hier, mais il sait lui aussi que cela risque d'être un gros morceau à avaler. Bruno est plutôt zen, il a l'impression qu'il arrive à bien maîtriser les conditions de course pour éviter de se mettre dans le rouge et vivre au mieux son Marathon des Sables. Quant à Ludovic, qui se lève juste d'une sieste réparatrice, il ne souhaite qu'une chose, que l'étape de demain lui permette, comme aujourd'hui, de se préserver assez pour se lâcher à fond dans les descentes caillouteuses ou dans les dévers des dunes franchis à grandes foulées pour reprendre des places et garder son éternel sourire d'adolescent.

 Reste tout de même qu'en cette fin de journée, souvent, les regards des membres du team se portent, songeurs, vers le soleil couchant. Comme pour essayer de deviner, dans la direction qu'ils prendront demain, comment va se vivre cet avenir proche, cette plongée profonde dans les immensités sahariennes.


Classement de la 3ème étape

Classement général

   5ème : Philippe   6ème : Philippe
 18ème : Dominique  28ème : Dominique
 40ème : Ludovic  40ème : Ludovic
287ème : Bruno 192ème : Yves
311ème : Yves 247ème : Bruno

 

 

Texte et photos de Marc Louboutin, en direct du campement

 

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Publié dans La course en direct

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